Mariage pour tous, le toilettage historique d’une pratique désuète ? Un rite social ayant besoin d’une mise à jour ?

Malgré les difficultés liées à la première vague Covid 19, le référendum lancé par l’UDF, l’UDC, le PEV et le PDC a recueilli plus de 61’000 signatures, ce qui démontre un grand intérêt à la question. L’objet mis en votation concerne l’avenir de tous les citoyens suisses.

Mariage pour tous cache deux réalités de manière assez exclusive, cela ne peut laisser de marbre : une obsolescence du mariage et un bouleversement de la structure sociétale.

La conception du mariage obsolète ? En 2020 en Suisse, 83 % des familles vivaient pleinement leur union conjugale, leur mariage (Comment vivent les familles d’aujourd’hui en Suisse? – Les familles en Suisse – Rapport statistique 2021 | Communiqué de presse | Office fédéral de la statistique (admin.ch). On a recensé 35’160 mariages et seulement 651 partenariats enregistrés. Est-ce vraiment bon que la politique modifie une manière de vivre en couple largement acceptée ? Est-ce à la politique de définir le cadre de vie des couples ?

Le mariage est bien plus ancien que la Constitution Suisse ! C’est la politique qui a repris dans ses articles, un style de vie qui avait fait ses preuves. Seule l’union d’un homme et d’une femme permet de donner la vie. Cette raison incite à protéger cette composante essentielle de la société : la famille. « Elle est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat » (Déclaration universelle des droits de l’Homme, art.16).

Le Tribunal fédéral et le Conseil fédéral ont toujours interprété le droit au mariage comme une communauté de vie durable entre un homme et une femme. Instaurer le MPT par une simple modification de loi est clairement contraire à la Constitution suisse (Constitution fédérale art. 14) et aux droits internationaux.

Se pose aussi la question du droit de modifier le sens millénaire d’un mot. La définition du mariage est l’union d’un homme et d’une femme.

Depuis la nuit des temps, dès la création, l’homme quitte son père et sa mère pour s’attacher à sa femme. Ensemble ils forment un couple qui va procréer biologiquement, transmettre la vie tout naturellement. Sans éducation sexuelle particulière, depuis des millénaires les familles, dans leurs foyers, conçoivent la vie en harmonie ! « Dieu vit que ce qu’il avait créé était bon » (Genèse 1.31). Et il confirma à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » (Genèse 12.3).

Donner un autre sens au mariage rendrait, d’ici une vingtaine d’années pour la nouvelle génération, l’immense héritage littéraire incompréhensible. La paupérisation intellectuelle de la nouvelle société en est un risque majeur. Nous pouvons lire les manuscrits de Byblos, vieux de quatre mille ans, par contre les disquettes des ordinateurs de la fin du vingtième siècle sont illisibles.

Quelle structure pour la société de demain ? Pérenniser la transmission de la vie est primordiale pour une société qui veut s’inscrire dans l’avenir. Mariage et famille ont joué et jouent toujours un rôle prépondérant dans notre société. Les enfants comprennent facilement les notions de papas et de mamans, le rôle de chacun dans la cellule de vie. Même si certaines familles passent par des difficultés, plus de 80 % des mariages évoluent bien.  Des couples amoureux vivent et créent une harmonie favorisant le développement et le bien-être des enfants. Cette structure de vie se transmet, car devenue adulte, la jeune génération aspire à offrir un cadre identique à sa descendance, un foyer aimant.

Le mariage, communauté de vie entre un père et une mère est un « privilège » qui repose sur la biologie. Le mariage scelle une union favorisant l’amour, le soutien mutuel et la reproduction naturelle. Les conjoints s’engagent conscients de leurs responsabilités, de leurs spécificités au sein du couple, de leur implication dans le foyer, offrant ainsi un cadre protecteur à la maman et à son enfant.

La discrimination que certains relèvent est illusoire. Prétendre qu’un couple de même sexe équivaut à un couple hétérosexuel est scientifiquement et intellectuellement malhonnête. Il n’y a pas d’enfantement, pas de transmission de vie ! Le principe juridique de l’égalité de traitement signifie que ce qui est similaire doit être traité de manière égale ; et ce qui est différent, de manière différente. Les couples hétérosexuels sont distincts des couples LGBT.

MPT n’appelle point à une remise en question, mais à un changement structurel de la société. But identique lié au genre qui se prétend inclusif, les avis divergents étant exclusifs, exclus. Nous sommes loin de la tolérance et l’harmonie tant espérées. Mariage pour tous ? Non !

Marc Früh